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LA BIBLE POUR CHAQUE PEUPLE : QUAND LA TRADUCTION DEVIENT UN ENJEU NATIONAL

L’ABC a réuni les responsables d’institutions théologiques autour d’un défi essentiel : rendre les Saintes Écritures accessibles dans les langues congolaises.

Le 20 juin 2026, l’Alliance Biblique du Congo (ABC) a organisé une rencontre historique avec les responsables des institutions de formation théologique et biblique du pays. Autour du thème « Les obstacles à la disponibilité des Saintes Écritures dans les langues congolaises : défis et perspectives », cette journée a marqué une étape importante dans la réflexion commune sur l’avenir de la traduction biblique au Congo avec la participation du Pst Rock BANKOUSSOU (Ancien DG de SIL / Membre du CA de l’ABC) et le Dr. Kogon (conseiller en traduction).

La rencontre a débuté par une présentation de l’historique de la mission biblique au Congo, animée par le Pasteur Rock Bankoussou. Elle a été suivie d’une communication approfondie du Dr Emmanuel K. Kogon, qui a posé les bases d’un diagnostic lucide et d’une vision partagée pour l’avenir.

Pourquoi traduire la Bible est un acte de transformation nationale ?

Le Dr Kogon a rappelé que la traduction biblique n’est pas seulement une œuvre spirituelle : elle est un vecteur de développement social, culturel et national. En donnant à un peuple accès à la Parole de Dieu dans sa propre langue, on lui restitue sa dignité, on renforce sa cohésion, et on favorise l’alphabétisation, la préservation du patrimoine linguistique et la transformation des valeurs collectives.

« Chaque langue qui reçoit les Écritures devient une nouvelle porte ouverte à la transformation des individus, des familles et de la nation entière. » — Dr Emmanuel K. Kogon

De la Septante à la Bible en Kikongo (1905), l’histoire montre que les pionniers de la traduction ont souvent tout sacrifié pour que les peuples entendent la Parole dans leur langue maternelle. En Afrique, cette dynamique s’est accélérée depuis le XIXe siècle, et la République du Congo s’inscrit pleinement dans cet héritage.

La communication du Dr Kogon a mis en lumière quatre défis majeurs auxquels fait face la traduction biblique sur le continent africain, et plus particulièrement dans notre pays :

  • Le financement : La quasi-totalité des projets de traduction à grande échelle reste dépendante de partenaires extérieurs (Alliance Biblique Universelle…). Si la part des traducteurs locaux dépasse désormais les 70 %, les ressources financières et techniques ne suivent pas encore à la même hauteur. 
  • La formation des traducteurs : Un traducteur biblique doit maîtriser la langue source et la langue cible, connaître les genres littéraires de la Bible, posséder une solide formation exégétique et théologique, et être capable de transposer le sens sans trahir ni le texte ni la culture réceptrice.
  • Le manque de conseillers qualifiés : Les normes internationales du Forum des agences de traduction (FOBA) exigent des profils très pointus, combinant formation universitaire en linguistique, maîtrise des langues bibliques, expérience interculturelle et compétences pratiques de consultation. Ces profils sont rares sur le continent.
  • Le défi du lectorat : Une Bible traduite n’atteint son but que si elle est lue. Des questions d’alphabétisation, de langues menacées de disparition, d’accessibilité pour les malentendants et les malvoyants, et de diffusion restent entières dans de nombreuses communautés.

Un appel à la synergie entre l’ABC et les institutions théologiques

Face à ces défis, la rencontre du 20 juin a surtout été un espace de vision et de dialogue. L’ABC ne peut pas relever seule ces défis. C’est pourquoi cette journée avait pour ambition d’engager les institutions théologiques et bibliques dans un partenariat structurant autour de deux grandes priorités :

  • D’une part, la formation et la recherche — les institutions peuvent mettre à disposition de l’ABC des ressources humaines qualifiées (traducteurs, réviseurs, conseillers en traduction) et ouvrir leurs programmes à des thématiques directement utiles à l’œuvre de traduction : langues bibliques, exégèse, sociolinguistique, terminologie religieuse en langues congolaises. Des outils comme le logiciel Paratext pourraient être mis à la disposition des chercheurs et étudiants dans ce cadre.
  • D’autre part, la promotion des langues nationales — intégrer dans les cursus théologiques des modules sur les langues locales, développer des matériels d’alphabétisation, former les futurs pasteurs à servir leurs communautés dans leur langue maternelle.

« La disponibilité de la Bible dans les langues maternelles renforce l’évangélisation, le discipolat, et l’implantation des Églises. — Dr Emmanuel K. Kogon

Cette rencontre s’est conclue sur un appel clair à la mobilisation : chaque institution présente est invitée à réfléchir concrètement à la manière dont elle peut contribuer à cet effort commun. L’ABC, de son côté, s’engage à poursuivre ce dialogue et à développer des cadres de collaboration formels avec ses partenaires théologiques.

Le chantier est vaste. Mais la conviction est forte : lorsque chaque Congolais pourra entendre et lire la Parole de Dieu dans sa propre langue, ce sera une victoire non seulement pour l’Église, mais pour toute la nation.

Intervenants de la journée : Pasteur Rock Bankoussou (historique de la mission biblique au Congo) · Dr Emmanuel K. Kogon (conseiller en traduction) · Responsables des institutions bibliques et théologiques de Brazzaville.

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